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Les cuves ont attendu de longs mois, à sonner creux,

et puis là, fin septembre, elles se sont remplies, elles ont accueilli le jus blond et voluptueux.Le sucre a cédé la place à l’alcool en un long pétillement dans la pénombre rassurante de mon chai. A les goûter patiemment, j’ai vu venir la transparence, brillante et limpide, l’or de la terre, ces saveurs pures et détachées qui se succèdent en bouche, fleurs d’acacia, agrumes frais et cette droiture, fil d’une lame d’acier, enfin l’équilibre que j’ai désiré, espéré. Le partage peut venir, réfléchi et joyeux, dans le tintement des verres, l’échange des regards et la rumeur vivante des conversations.